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20/01/2007

Pistache !

La tache de Philip Roth

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Lorsque j’ai entendu parler de ce livre, et de Roth, pour la première fois j’étais persuader qu’il s’agissait d’une histoire à propos de l’histoire Lewinsky et Clinton, autant dire qu’un écrivain qui prendrait la peine d’écrire à ce sujet ne méritait que mon mépris et ma morgue, ce ne serait d’ailleurs  même pas un écrivain mais un tâcheron. Donc Roth pour moi se résumait à des fièvres dans des cabines et des hôtels en Slovaquie

 

Et puis un jour je cherchais comment dire tache en anglais, j’étais sans dictionnaire, désemparé et à chaque fois que je me demandais comment cela s’écrivait et je me disais « mince ! Si tu t’étais un peu plus intéressé à Roth du le saurais, couillon ! »

Enfin, peu à peu l’idée de savoir comme tache s’écrivait en anglais disparut. Puis il y a quelques mois j’y repensais, et chaque semaine j’y pensais au moins une fois, et chaque fois le titre du livre de Roth me revenait au visage. Moi luttant contre le dédain de lire un livre sur les aventures sexuelles d’un ex-président contre Moi luttant contre la tache qui hebdomadairement surgissait et que je n’arrivais pas à faire partie.

 

Finalement, comme ce billet l’indique, ma volonté n’a pas suffit, contrairement à mon ignorance car ce livre n’a rien à voir avec Clinton ou Lewinsky, Il  y a tout au plus  une dizaine de pages éparses qui y sont consacré puisque l’action (bien que majoritairement constitué de flashback) se déroule en 1998. De toute manière, Roth trouve lui aussi que c’est une affaire complètement idiote, et qui ne mérite pas qu’on s’y attarde pas plus que ça,  me convient tout à fait.

 

Mais alors s’il ne s’agit pas de Clinton, de quoi est-il question ?  Là si je vous racontais ce serait chiant car parler en coup de vent d’un professeur d’université qui se fait renvoyer –injustement- pour racisme et qui raconte sa vie. Ainsi que celle de la femme de ménage illettré avec laquelle il couche n’est franchement pas passionnant.

En plus je suis coincé, car on ne peut pas en révéler trop sans gâcher les surprises, dont une grosse. Tellement grosse qu’au départ je me suis dit que décidément, je n’avais rien compris aux cents premières pages ; avant de piger finalement le truc. Je ne sais pas s’il l’on inclut  dans le film « Le Prestige » mais dans au début du livre un des magiciens raconte l’histoire d’un vieux magicien chinois fébrile, qui lors de ces tours faisait apparaître un aquarium extrêmement lourd. Son « truc » c’est qu’il n’était absolument pas faible ou fébrile bien au contraire ! Mais il maintenait cette attitude d’atrophie même dans la vie de tous les jours pour faire croire qu’il ne pourrait jamais déplacer cet aquarium. Et Coleman Silk, notre professeur, maintient le même genre d’illusion aussi encombrante pour sa vie.

 

Mais ce que je peux vous raconter c’est quelques anecdotes marrantes ; bien que les histoires soient plutôt tragiques. Comme cet ancien vétéran du Viet-Nam qui suit des sortes de réunion de Vétéran du Viêt-Nam Anonyme, dont l’une des méthodes pour surmonter le trauma est de se rendre dans un restaurant chinois. Le Vétéran devant réfréner ses envies de meurtres sur les serveurs.

Ou bien cette jeune prof de fac française qui hésite à envoyer une petite annonce de rencontre à un journal et le genre d’homme qu’elle recherche. Après avoir difficilement décidé d’envoyer son annonce par e-mail, elle réalise qu’elle l’a en fait envoyé à toutes les personnes  auxquelles elle avait envoyé son dernier article.

 

Globalement il s’agit de personnages qui souffrent, et de la catharsis qu’ils mettent en œuvre pour retrouver ou pas une sérénité. Comme le Vétéran surmonte ses actes, comment Coleman,  gère-t-il sa disgrâce. Comment la jeune prof de fac française s’adapte-t-elle à la vie américaine ?

 

Oui, la dernière question n’a pas vraiment de rapport, et il faut reconnaître qu’il y a un coté décousue avec des monologues de 50 pages. Mais rassurez vous c’est souvent les meilleurs passages, comme le Vétéran qui raconte comment il passe en 24 heures du tir à la mitrailleuse façon Apocalypse Now, à la réalité douillette américaine.
 

Bref un livre auquel on s’attache.