Nippon Gods
Kafka sur le rivage de Haruki Murakami
Aimez-vous les félidés ?
En fait, je sais pas pourquoi je pose la question. Mes deux principaux lecteurs étant des amateurs de chat (non, ils les mangent pas, pour qui prenez-vous mes lecteurs !)
Donc l’histoire suit deux personnages bien particuliers, l’un à l’étrange pouvoir de parler aux chats, et l’autre de préparé de super cafés. Hélas, Murakami ne semble pas vraiment mettre ce dernier point en exergue, ne consacrant à peine qu’une dizaine de ligne à l’apprentissage de la préparation d’un bon café. Il préfère généralement parler de sa sorte de schizophrénie et de sa fugue.
Ce personnage, Kafka comme il a décidé de s’appeler, a choisi de fuguer à 15 ans. Décision mûrement réfléchit et il va donc rencontrer toute sorte de personnages étranges et d’endroits surprenant et bien sûr apprendre à faire du bon café, comme dans tout bon roman d’initiation qui se respect.
L’autre personnage Nakata sait parler aux chats, et est idiot. Les deux j’ai le regret de vous le dire étant lié. En tout cas grâce à ce don des plus singulier il se fit gagne-pain de retrouver les chats perdus. Je ne vous cacherais pas que les dialogues chats-Nakato sont des plus savoureux chaque chat ayant une personnalité assez différente selon sa race. Les siamois sont d’ailleurs d’horrible snob. Hélas, Nakato lui-même va avoir son parcours initiatique et il croisera peu de chat dedans.
Comme le titre de ce billet vous le laisse présagé, j’ai senti une certaine similitude entre le American Gods de Neil Gaiman et ce Kafka sur le rivage. Il y a un peu prêt le même degré de fantastique (c’est à dire beaucoup), tout en restant dans une atmosphère pour le moins onirique. Il faut dire que Nataka fait des sommes de plus d’une journée ce qui n’aide pas. On suit donc les deux personnages chapitre par chapitre, et chose agréable les deux récits se valent. Il n’y a rien de plus énervant que de suivre une histoire palpitante pour ensuite se retrouver dans une histoire accablante.
Cela étant, c’est pas grand chose mais un certain agacement m’a pris à la gorge. Le principal est cette stupide habitude de finir ses chapitres sur un suspens pour changer de personnage. Si je peux comprendre ce procédé dans un thriller, ici cela ne se justifie que peu. D’abord le suspense n’est souvent pas assez grand pour créer une dépendance à la suite, et puis finir par :
« Cette nuit-là, j’ai vu fantôme ».
Moi, je trouve ça minable.
Un autre détail qui m’agace un peu, c’est la mise en contexte des événements par des explications sur les tragédies grecs, et autres points philosophico-mythogènes. Ca se justifie à la limite parce qu’une bonne partie de l’histoire se situe dans une bibliothèque, que Kafka est un gros lecteur et qu’il a comme amis des bibliothécaires. Mais malgré tout l’explication de texte à l’intérieur du récit moi je trouve ça moyen.
Enfin, c’est quand même pas rédhibitoire. Y à des choses qui font toujours plaisir, comme des incarnations d’archétype dans la plus pure tradition d’American Gods, ou bien des Totoronaiserie pour les fans de Miyazaki et autres adorateurs de forêts sacrées. Et les chats bien sûr.
- Veterini
- 19:11
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