Dans le train.
Comme je prenais le train ce week-end je ne résiste pas à vous raconter cette extraordinaire aventure qui m’étais arrivé y a, fort longtemps alors que j’allais a Paris. A cette époque l’on parlait de nouveau gang de far-west dans les trains avec des gens attaquant les passagers. Or dans le couloir à peine installé, j’ouïe des bruits qui aurait fait craindre le pire à un individu doté d’un minimum de paranoïa. Mais ce qui allait arrivé était pire…
Des gosses ! Pire que pire même ! Des mioches qui rentraient de colonie de vacances, des chieurs quoi, toujours a gueuler comme s’ils avaient un bouton de volume-décibel et qu’il était resté coincé. En tout cas je sors ostensiblement mes « contes de la folie ordinaire » histoire qu’ils se rendent compte que je suis sérieux moi, que j’ai d’autres choses a faire que d’écouter leur papotage stupide et braillard.
J’ouvre une parenthèse à l’édification des non-lecteurs-trainophiles, normalement quand vous lisez dans le train, il peut être utile d’avoir un bouquin qui fasse classe, ainsi vous pouvez sortir le fameux « Murggfff… » en haussant le sourcil pour montrer votre dédain a vos wagongénères qui eux lisent du Marc Levi voir pire, de la science-fiction !
Le top du top étant de lire du Fauklner voir mieux du Joyce ! La nouvelle traduction avec son beau bleu tappant est l’idéal. De plus si votre voisine de siège est plutôt jolie il existe une ruse imparable. Prenez un crayon, et commencer à souligner des passage en murmurant des « mmmm » très inspiré. Puis profité d’un brusque sursaut du train pour malencontreusement brisé la mine de votre crayon, prenez un air de chien battu en refermant rageusement le livre (des fois qu’elle soit myope et qu’elle n’est pas vu que c’était du Joyce). Et exclamez vous : « Flûte ! » ou « Diantre ! » Puis « Excusez moi de vous importunez, mais j’étais en train (ha ha !) de pourfendre cette hideuse nouvelle traduction, quand mon crayon, bien maladroitement, me fit défaillance (ho ho !) Auriez vous par hazard quelque crayon ou stylo qui puisse remplacer le mien (hi hi !) ». La normallement la dame se dit que vous êtes bourré d’un humour fin, mais en plus d’une intelligence digne d’Einstein, et que pour refermer rageusement « Ulysse » il faut être très fort. Si dans le pire des cas la jouvencelle demeure insensible a votre éloquence, vous pourrez toujours admirer sa grâce pour chercher un crayon dans son bagage au dessus.
Mais revenons en à Bukowski qui lui faisait moins de chichi.
En l’occurrence je n’était pas entouré de donzelle pourléchante, mais d’une horde de gosse baveux. J’entendis bien quelques « Taisez-Vous le Monsieur il Lit » parole que j’autorisais et avalisais, avec un geste d’une grâce majestueuse.
Le problème c’était la couv’
«- Ouah l’autre il lit un bouquin de cul !!!!
-Ouais, alors vos gueules sinon je peux bien me les imaginer. Vous avez pas du Marilyn Manson à écouter plutôt que me faire chier ? »
La ils me fichent un peu la paix deux secondes, quand un type qu’à dix ans de plus de vous, même s’il porte des lunettes, et qu’on devine qu’il a pas fait de pompes depuis 10 ans vous dit de vous la fermer, ben vous la fermer. Et Je sais que c’est pas très élégant, mais bon…
La un mioche glousse un peu puis demande
« Allez mec, c’est bien un bouquin porno quand même.
-Ouais mais si vous voulez du porno y a des boutiques a même pas cent mètres de la gare de Lyon pour ça.
-Merde mec fait passé, y avait même pas une moeuf dans la colo, même pour se branler on, avait que la vielle madame Mitchum en tête.
-Bah elle devait avoir de sacré Robert
-Hein ?
-Bon les gosses, c’est pas pour vous. C’est pas les conneries et autres péripapétécies d’Harry Potter que vous êtes censé lire ?
-Ouais, même que Benji il a écrit une histoire où Harry, et ben il prend Hermione et alors…
-Ok ! Ok ! Je veux même pas savoir, écoutez les gosses, ça a rien de franchement sexy en fait
-Allez on vois sa chatte a l’autre là ! ça raconte quoi comme histoire
-En fait c’est plein de petites histoires, genre là c’est une sorte de savant fou il crée une femme et puis bon il la baise, et puis il se bourre la gueule quoi.
-Wah, ça a l’air cool t’en as une autre ?
-Ouais, la par exemple c’est un type qui arrive en ville il va au bar, et alors
il se bat, puis il baise une fille, ensuite, il se bourre la gueule ensuite il
se bat, puis il rebaise la fille et il se casse.
-Wah ! C’est qui qu’à écrit ça ?"
Ah ce moment là, j’hésite, genre « cas de conscience » suis-je censé ouvrire des gosses à la littérature. Ou bien dois je évité de les dévoyées en leur donnant a lire des livres pas vraiment de leur âge. Heureusement pour moi ce cruel dilemme est résolu par un autre mioche qui se pointe en criant :
« Hey les mecs, j’ai retrouvé le penthouse, c’est celui où il y a la grosse qui se fait mettre une double pénétration !! »
Et là évidemment je perdais mon auditoire, comme d’habitude les bd et autres illustrées ont dorénavant la prérogative.
- Veterini
- 20:09
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